Nisargadatta Maharaj


Introduction

Sri Nisargadatta Maharaj (1897-1981) était un instructeur spirituel indien totalement atypique.

Sa vie

Maharaj est né en Inde, dans un village de l'état du Maharashtra, en 1897, de parents très modestes.
A la mort de son père, en 1915, il quitte le village natal et devient commis à Bombay. Puis il développe un commerce de cigarettes. En 1924, il se marie et aura quatre enfants.

Il est présenté par un ami à Shri Siddharameshwar (1888-1936), maître méconnu de l'Advaita Vedanta, qui l'initie et lui apprend à méditer.
Il décide de quitter sa famille pour effectuer un pèlerinage à travers l'Inde en 1933.
N'ayant pas trouvé ce qu'il cherche, il revient, reprend son activité et c'est alors que l'éveil se produit. Les chercheurs spirituels commencent à affluer chez lui. Il prend le nom de Nisargadatta, provenant de Nisarga: spontané et Datta: présence.
Jusqu'à la fin de sa vie, Maharaj donne des entretiens journaliers dans son modeste salon. Il le fait uniquement en marathi, langue du Maharashtra. Il est entouré de nombreux disciples, en particulier:

Les "entretiens" deviennent un livre, "Je suis", dont la publication en 1973 rend Maharaj célèbre, mais humble il était, humble il restera. D'autres livres suivront comme "Graines de Conscience", "A la source de la Conscience", "Ni ceci ni cela", "Sois!" et "Conscience et Absolu" dernier ouvrage réalisé alors que Maharaj est très malade, et qui ne pourra pas être publié de son vivant.

Maharaj décède le 8 septembre 1981.

Sri Nisargadatta Maharaj



Son enseignement

C'est une forme très personnelle, atypique, de la doctrine de l'Advaita Vedanta, fondée par Sankaracharya, qui établit la relation entre l'âme individuelle et l'esprit universel.

L'enseignement de Maharaj est pour le moins non conventionnel, sans complaisance, paradoxal voire provocateur, un peu dans le style de Ramana Maharshi et Krishnamurti, mais en plus radical, rejetant tout concept(1) (au point de refuser la réincarnation, prise pour un concept, en opposition avec tous les sages orientaux et les Maîtres de Sagesse) et n'aimant pas utiliser le mot Amour.
Il est vrai d'une part que des adeptes (ou des détracteurs) ont parfois isolé ses paroles, qui, sorties de leur contexte, peuvent surprendre. D'autre part, l'incapacité des mots (surtout après traduction) à exprimer certaines idées, certains états ou non-états, renforce les confusions que chacun peut trouver.
Par exemple, il dit dans "Ni ceci ni cela":
(M Maharaj, V visiteur)
M : Les gens disent: Dieu a créé le monde. Si cela est vrai pourquoi tant de misère? La création s'est produite spontanément, ce créateur est spontanéité(2), il n'a pas d'intelligence.
V : Comme vous l'avez dit tout à l'heure, il n'est pas possible en effet que de telles paroles soient prononcées devant n'importe qui!
M : A quoi cela servirait-il? Ce que je dis a pour but de vous débarrasser de vos concepts..."

Maniant la boutade, il n'est pas tendre avec le savoir des intellectuels: "Vous devez comprendre que la connaissance n'existe pas, qu'elle n'est qu'ignorance". En fait il précise: "Il est possible d'acquérir un grand nombre de connaissances dans ce monde, on peut étudier les sciences, la danse, la musique. Mais la seule vraie connaissance -immensément plus importante que tout le reste- est la connaissance de soi-même. Celui qui est attiré par cette connaissance vraie et qui se plonge résolument dans cette recherche, découvrira combien tout autre savoir est totalement inutile". Il dit encore: "Cessez de vous cramponner à tout ce que vous avez lu et entendu, et simplement, soyez".

Maharaj revendique la Conscience(3) (ou Absolu ou Atman ou Dieu suivant la terminologie des autres sages), affirmant que c'est elle qui parle en lui et qu'elle est en toute chose. Il enseigne qu'elle est la véritable nature de l'homme et demande à tout disciple de la découvrir par lui-même en demeurant dans l'état du "Je suis".
Il dit dans "Sois!": "Avoir une foi religieuse n'est qu'une complaisance émotionnelle. [...] Chacun n'est guidé et n'agit que par ses émotions. Ne faites rien, soyez. La méditation n'est rien d'autre. Demeurez ancré immuablement dans la conscience d'être. N'ayez aucune connaissance de quoi que ce soit. Soyez. Cela est la parfaite méditation".

Il a cependant des points communs avec d'illustres instructeurs en rappelant que l'identification au corps (physique) est pure illusion. "Je vous enseigne que je ne suis pas ce corps, que je ne suis ni ceci ni cela".
Il dit dans "Ni Ceci ni Cela": "Notre moi véritable est distinct de ce que perçoivent les cinq sens. Tout ce qui est perçu est objet et le sujet qui voit l'objet se doit d'être distinct de l'objet pour le percevoir. Tout se produit en terme d'êtreté et cela quel que soit le degré d'identification que nous ayons avec notre corps et quel que soit notre désir de le conserver. Notre véritable nature ne peut pas s'identifier au corps, elle demeure à part, et à la disparition de celui-ci elle ira se fondre dans l'être universel".
Un autre point commun très important est: "Vous êtes Dieu, mais vous ne le savez pas".

(1)"La Vérité doit être perçue; exprimée elle devient un concept" Les Orients de l'Etre .
(2) "Le plus haut est la spontanéité. L'état spontané est l'état le plus haut. Plus bas est la méditation sur une forme. Plus bas encore est cette idolâtrie: les offrandes, Pujas etc. Mais le pire est d'entreprendre des pèlerinages..." Ni ceci ni cela
(3) Le lecteur intéressé par de plus amples développements à "l'occidental" sur la Conscience lira avec intérêt "Les Orients de l'Etre" de Ramesh S. Balsekar.

Compléments ésotériques

Selon les informations données par le Maître de Benjamin Creme (n° 167-168 Juillet-Août 2002 de la revue Partage International), Sri Nisargadatta Maharaj était un initié qui était arrivé à mi-chemin entre la 3ème et la 4ème initiation, de rayon d'âme 2, de rayon (et sous-rayons) de personnalité 4(6), de corps mental 4(1) et de corps astral 4(6).


Bibliographie

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Date de création 21/03/2009 ; mise à jour 19/12/2011, version 1.2