Eglise maronite


Introduction

L'Eglise maronite est la plus importante communauté chrétienne du Liban; les chrétiens y sont très présents, diversifiés en une dizaine de communautés, représentant environ 40% de la population, ce qui en fait un cas unique dans tous les pays du Proche et du Moyen-Orient. Elle a toujours été rattachée à l'Eglise catholique romaine.

Histoire

Maron, prêtre puis ermite vivant dans les montagnes de Syrie au 4ème siècle, est à l'origine de l'Eglise maronite, fondée par ses disciples. Un grand monastère est édifié, qui devient rapidement un centre spirituel.
Au 6ème siècle, l'Eglise maronite accepte le concile de Chalcédoine (4ème concile oecuménique en 451 en Asie Mineure -actuellement la Turquie- qui affirme les deux natures du Christ, divine et humaine).
Au 7ème siècle, l'invasion musulmane contraint les patriarches chalcédoniens d'Antioche à l'exil. L'Eglise maronite se constitue alors en patriarcat, le premier patriarche étant Saint Jean Maron, mort en 707.
Au 9 ème siècle, les maronites sont persécutés puis chassés de Syrie et s'installent au Liban où Abraham de Cyrrhus, le premier disciple de Maron, s'était déjà rendu et avait commencé des conversions.
Au 12ème siècle, l'Eglise maronite déclare sa soumission au pape.
En 1584, le collège maronite de Rome est fondé, supervisant la hiérarchie et associé à la formation des évêques.

Organisation de l'Eglise maronite

Aujourd'hui l'Eglise maronite compte 3 millions de fidèles (près de 30 diocèses), dont 1/3 au Liban, le reste en Syrie, Argentine, Australie, Brésil, Etats Unis, notamment .
Le rite maronite est pratiqué en langue syriaque (dialecte d'araméen oriental qui s'est répandu après l'apparition du christianisme) mais aussi et de plus en plus en arabe.
Tous les patriarches (chefs des évêques) s'appellent Pierre (Boutros), en souvenir de Pierre, nommé évêque d'Antioche après avoir converti son prince en ressuscitant son fils.
Antioche (ville de Turquie proche de la frontière syrienne) est la communauté où les disciples de Jésus reçoivent pour la première fois le nom de "chrétiens".
Bechara Boutros al-Rahi, 77ème Patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient depuis mars 2011, siège à Bkerké (Liban).

Vallée de Qadisha

La Vallée de Qadisha (voulant dire "saint" ou "trésor de vie" selon les linguistes), qui aurait abrité des communautés monastiques depuis le début du christianisme, est le refuge de communautés maronites depuis le 10ème siècle; elle est connue principalement pour le monastère de Qozhaya (dédié à Saint Antoine le Grand):



mais aussi le monastère Notre-Dame Qannoubine et le monastère Mar Elisha.

Elle est inscrite à la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO avec la forêt des Cèdres de Dieu depuis 1998.

Les grands maronites

Saint Maron

Saint Maron est né au 4ème siècle et est mort vers 410. Prêtre puis ermite en Syrie.



Réputé pour sa sainteté et ses dons miraculeux, il a attiré de nombreux croyants.
Fête le 9 février pour l'Eglise maronite catholique, fête nationale chômée au Liban.

Al-Hardini

Nimatullah Kassab Al-Hardini (1808-1858) était un moine libanais maronite, canonisé par le pape Jean-Paul II en 2004.

Charbel Makhlouf

Charbel Makhlouf, moine puis ermite maronite libanais, a vécu de 1828 à 1898. Il a été canonisé en 1977 par le Pape Paul VI.

Sainte Rafqa

Rafqa Pietra Choboq Ar-Rayes est née le 29 Juin 1832 à Himlaya, non loin de Bikfaya et de Beyrouth.
A l'âge de 7 ans elle perd sa mère; quatre plus tard elle doit partir travailler comme servante à Damas.
En 1847, lorsqu'elle revient, elle trouve son père remarié et son entourage familial qui ne cherche qu'à la marier: elle choisit la vie religieuse.



En 1859, Rafqa entre au couvent Notre-Dame de la Délivrance à Bikfaya.
En 1860 à 1871, affectée dans différents monastères, elle a surtout une activité d'enseignement pour jeunes filles.
En 1871, après avoir entendu la voix de St Antoine lui demandant d'entrer dans l'Ordre Libanais Maronite, elle est admise au Monastère Mar Sémaan (Saint Simon) à Aito et prend le prénom de sa mère, Rafqa, le 12 Juillet 1871 puis un an plus tard fait sa profession solennelle. Elle passe 26 ans dans ce monastère, menant une vie exemplaire selon ses soeurs moniales.
En octobre 1885, lors de la fête du Rosaire, elle est prise de violents maux de tête qui se concentrent sur les yeux. Suite à une opération mal réalisée, sa vue baisse considérablement.
En 1897, elle est envoyée dans un nouveau monastère où elle devient complètement aveugle deux ans plus tard; atteinte de tuberculose osseuse, paralysée, elle passera les dernières années de sa vie étendue sur le côté droit de son corps, mais gardant le sourire sur son visage.
Rafqa meurt le 23 mars 1914, et est enterrée dans le monastère où elle a vécu la plus grande partie de son existence. Des miracles ont été constatés sur sa tombe.
Elle est déclarée Vénérable le 11 février 1982, béatifiée le 17 novembre 1985 (guérison reconnue miraculeuse d'Elisabeth Ennakl) et canonisée le 10 juin 2001 par le Pape Jean Paul II (sa fête est le 23 mars).

Estéfan Nehmé

Estéfan Nehmé ou Estéphan Nehmé est né à Lehfed, au Liban, le 8 mars 1889.


Il entre à l'âge de 16 ans dans l'ordre maronite libanais au monastère de Saint Cyprien et Sainte Justine à Kfifan. Il choisit alors le nom d'Estéfan en hommage à son père et à une église dans sa ville natale.
Estéfan passe sa vie dans la prière et le travail dans les prés et en menuiserie. Ses actes de charité, sa bonté et sa sagesse marquent son entourage surtout pendant la Première Guerre mondiale.
Il est nommé dans six autres couvents de 1908 à 1938 avant de revenir à son couvent d'origine Saints Cyprien et Sainte Justine à Kfifan où il décède le 30 août 1938.
Le 10 mars 1951, lors des funérailles d'un frère maronite, les moines du monastère de Kfifan découvrent que son corps est intact.
Deux miracles d'Estéfan accomplis après sa mort sont reconnus par l'Eglise catholique romaine: guérison de Soeur Claire Abi Habib en touchant le tombeau d'Estéfan, et guérison de Marina Nehmé, sa nièce, atteinte d'un cancer de l'os, en buvant de l'eau d'une source découverte à Lehfed par Estéfan.
Il est déclaré vénérable par l'Eglise catholique le 17 décembre 2007 et bienheureux le 27 juin 2010.
Sa tombe est l'objet de pèlerinages.

Bibliographie

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Date de création: 24/09/2011, version 1.0