Dualité et non-dualité


Introduction

Le bien et le mal, la lumière et l'obscurité, le masculin et le féminin, sont-ils des concepts opposés ou complémentaires? Ou bien tout découle-t-il d'un même et unique principe?

Dualisme du zoroastrisme

Zoroastre a séparé tous les êtres du monde en bons et mauvais. Tout ce qui est bon est rassemblé autour de Dieu (Ahura Mazdah) et tout ce qui est mauvais, autour du Mauvais Esprit, séparant ainsi clairement les forces du Bien et du Mal. Il a admis que le libre arbitre permettait de choisir entre les deux.

Le dualisme des philosophes grecs

Pythagore et ses disciples ont enseigné que tout est composé de contraires : un et multiple, limité et illimité, impair et pair, masculin et féminin, repos et mouvement, lumière et obscurité, bien et mal...

Le manichéisme

Fondé au 3ème siècle par le perse Mani, le manichéisme distingue nettement deux principes indépendants et éternels: étant la conséquence de la séparation primitive des deux substances : la substance des âmes, qui est appelée Lumière, et la matière, qui est appelée Ténèbres.
Pour Mani, "le bien et le mal habitent dans chaque homme": le monde est mélange.

Le dualisme de Descartes

Descartes a fondé la philosophie occidentale la plus dualiste en séparant totalement l'âme du corps.

Le faux dualisme de la philosophie chinoise

La philosophie taoïste et du confucianisme distingue deux concepts fondamentaux: le yang et le yin. Le yang est céleste, lumineux, chaud, masculin, actif, créateur ; le yin est terrestre, sombre, froid, féminin, passif, réceptif. Mais en fait ces concepts sont présentés par les philosophes chinois eux-mêmes comme complémentaires, étant deux manifestations d'un même principe.

Le non-dualisme de la philosophie de l'Inde

Sankaracharya a fondé au 8ème siècle "l'advaita", ou non-dualisme, la plus importante école de philosophie indienne relative à l'interprétation des aphorismes du Vedanta non compréhensibles aux communs des mortels.

Sankara a repris le message fondamental des Upanishad, qui établit la relation entre l'âme individuelle et l'esprit universel. Ou si l'on préfère la nature de la relation entre le brahman et l'atman. Selon lui, les deux sont identiques.

Dualité et non-dualité selon le Maître D.K.

Le Maître D.K. dit dans "Traité sur la Magie Blanche":
"... certaines écoles de pensée, comme le Védanta et d'autres écoles de mystiques, mettent l'accent sur l'aspect vie en semblant nier la dualité. D'autres écoles, comme celle des théosophes enseignent le fait du soi et du non-soi, ce qui peut être interprété comme dualité. Toutes ont raison et toutes sont utiles les unes aux autres. Il faut se rappeler qu'au cours de la manifestation, nous travaillons d'une unité relative, par la dualité, à une autre unité, de la manière suivante:
  1. Unité de la forme, où le soi apparemment s'identifie à la forme et est absorbé par la vie de la forme.
  2. Dualité fluctuant entre le soi et la forme, la conscience se polarisant tantôt dans l'un, tantôt dans l'autre.
  3. Unité de l'âme, où l'âme existe seule et où seulement le fait d'être est enregistré dans la conscience.
On voit ainsi que les deux écoles ont raison et que le concept de dualité n'est qu'un pas sur la voie qui conduit à l'union essentielle avec la Vie Une."

Non-dualité dans les enseignements contemporains

Les enseignements délivrés sur la non-dualité depuis quelques dizaines d'années rappellent que l'homme peut prendre conscience qu'il est Un avec l'Absolu, mais insistent davantage sur la forme que revêt cette démarche, en particulier le pouvoir du moment présent, pour reprendre le titre d'un livre d'Eckhart Tolle, comme le dit aussi Osho Rajneesh: "Dans cet instant précis, ici et maintenant, il y a tout... Dieu, la réalité, tout est dans cet instant. Aussi la recherche spirituelle n'est pas la recherche de quelque chose. Elle n'a pas d'objet. Elle consiste à connaître ce qui est, et cette connaissance vient quand on est dans l'instant."


Bibliographie

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